L’intensification des tensions géopolitiques au Proche Orient constitue un événement majeur susceptible d’influencer à court terme l’environnement macroéconomique mondial et la gestion des portefeuilles d’investissement. Dans ce contexte, il nous paraît essentiel de rappeler les mécanismes économiques à l’oeuvre et d’identifier les principaux risques et opportunités sur les marchés.
Un choc énergétique sur l’offre de pétrole et de gaz
Un conflit impliquant l’Iran et l’approvisionnement mondial d’hydrocarbures via le détroit d’Ormuz (+/-20% du trafic mondial) impliquera automatiquement une raréfaction de l’offre au niveau mondial. Une perturbation à court et moyen terme de l’offre pourrait donc entraîner une hausse marquée des prix de l’énergie et un impact direct sur l’économie.
Outre une volatilité intrinsèque élevée sur les marchés financiers, un tel scénario pourrait engendrer à terme une pression inflationniste accrue, un ralentissement de l’activité économique mondial et une politique plus restrictive des Banques Centrales (maintien ou remontée possible des taux d’intérêt à court terme).
Différenciation sectorielle accrue
Historiquement, les périodes de tensions géopolitiques majeures s’accompagnent de performances contrastées entre classes d’actifs et secteurs à court et moyen terme jusqu’à ce que les fondamentaux réels de l’économie en place avant la crise ne reprennent leurs droits sur le moyen et long terme (à savoir une inflation globale hors énergie stabilisée, une baisse des taux envisagée, des bénéfices attendus en hausse des entreprises, une augmentation des dépenses d’investissement, …).
Les secteurs qui tendent à bénéficier à court terme du contexte seront principalement les valeurs énergétiques, les entreprises liées aux thématiques de la défense et certaines matières premières (hors récession).
Au titre de valeurs refuges, l’or et les obligations de pays tels que les USA et l’Allemagne bénéficieront de l’instabilité ambiante. Les devises telles que le franc suisse, le dollar et le yen profiteront aussi souvent de l’incertitude en cours.
À l’inverse, les économies importatrices nettes d’énergie et les secteurs dépendant fortement des coûts énergétiques (transports) ou de la conjoncture économique (industrie lourde et consommation discrétionnaire) seront pénalisés.
Scénario économique et principes de gestion recommandés
Face à un environnement incertain, une gestion « Bon père de famille » repose sur les principes de protection et de diversification.
Outre une augmentation temporaire de l’inflation liée aux coûts de l’énergie, nous pensons que les politiques monétaires devraient à l’avenir retourner à une dynamique plus accommodante et que les dépenses d’investissement implémentées par les gouvernements et les entreprises devraient se poursuivre au fil de l’année.
La productivité liée aux développements de l’intelligence artificielle devrait elle aussi continuer à profiter aux sociétés qui l’intègrent à différents niveaux et aux marchés des semi-conducteurs et de la robotique. Les Services aux collectivités et les dépenses d’infrastructures font aussi partie de nos recommandations.
Les actions devraient continuer à profiter d’une croissance toujours soutenue des bénéfices d’entreprise (proche des 10%). La sélectivité sectorielle et géographique sera clé. Les marchés européens et les marchés émergents pourraient offrir de meilleures opportunités relatives que les actions US, dont les valorisations restent élevées.
Il est aussi probable que dollar reprenne son statut de valeur refuge pendant la phase d’incertitude actuelle mais qu’il ne baisse à nouveau progressivement par la suite. La poursuite de la baisse du dollar (enclenchée en 2025 par une baisse de 14% sur l’année) permettrait cependant aux marché émergents (et au Japon) de continuer leur ascension.
Il importera cette année de trouver un bon équilibre entre les valeurs de croissance (entre autres les bénéficiaires de l’IA) et les valeurs de qualité (secteurs de l’industrie, des soins de santé et de la consommation) dont les valorisations n’ont plus été aussi attrayantes sur les 10 dernières années.
Il y a lieu également de penser à diversifier son portefeuille auprès de gérants qui arrivent à dégager du rendement absolu par des stratégies « macro » et décorrélantes au niveau « actions ».
Les stratégies d’investissement pour 2026 devront ainsi privilégier :
- Une diversification renforcée entre classes d’actifs et zones géographiques (surpondération en Europe et Asie)
- Une allocation plus neutre, incluant des valeurs de croissance et des titres plus « Valeur/Rendement ».
- Une exposition accrue aux entreprises de qualité, générant des flux de trésorerie solides et de fortes barrières à l’entrée.
- Une gestion plus active des risques, incluant des stratégies décorrélantes les unes des autres (stratégies « Absolute Return » et « Long/Short Equity »)
- Le maintien d’une certaine flexibilité (liquidités) pour faire face à la volatilité.
Conclusion
En résumé, 2026 s’annonce comme une année de rééquilibrage et d’arbitrage. Dans ce nouvel environnement, les investisseurs les plus diversifiés et sélectifs devraient être les mieux placés pour capter des rendements durables tout en maîtrisant les risques.
Je souhaite une offre gratuite
Complétez le formulaire ci-dessous afin de recevoir une offre personnalisée :